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26/09/2013

Brocéliande, poème.

Brocéliande 1981, poème.rtf

Witkacy contre le nivellisme.

Witkacy contre le nivellisme. ( Stanislas Ignacy Witkiewicz)..doc

 

Extrait de Lux Umbra Dei, éditions Arma Artis

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23/09/2013

Entretien André Murcie- Luc-Olivier d'Algange

Entretien André Murcie-Luc-Olivier d'Algange.doc

 

à propos, entre autres, de trois livres parus aux éditions Arma Artis

Le Chant de l'Ame du monde

Terre Lucide, entretien sur les météores, avec Philippe Barthelet

Fin mars. Les hirondelles

www.arma-artis.com

Un article sur " Le Songe de Pallas", éditions Alexipharmaque.

Le Seigneur des formes, un article de Philippe Barthelet..doc

22/09/2013

Nouveau discours de la servitude volontaire.

Nouveau discours de la servitude volontaire.docx

Ezra Pound: " Nous qui avons franchi le Léthé"

Note sur Ezra Pound.doc

19/09/2013

Le Songe d'Hypérion, Hölderlin et Ernst Jünger.

Le Songe d'Hypérion, note à propos d'Hölderlin et d'Ernst Jünger..doc

 

extrait de Lux Umbra Dei, éditions Arma Artis.

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15/09/2013

Pessoa, un cartulaire héraldique

De l'ésotérisme et de l'Alchimie dans l'œuvre de Fernando Pessoa:

Pessoa, un cartulaire héraldique..doc

 

extrait de Lux Umbra Dei, éditions Arma Artis:

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13/09/2013

Le Pays d'Henri Bosco.

 

Le Pays d'Henri Bosco..doc

 

extrait de Lux Umbra Dei, éditions Arma Artis

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12/09/2013

Métaphysique du dandysme

où il est également question d'Ibn'Arabî, de Joseph Joubert, et de jardins tournoyants:

Métaphysique du dandysme ..rtf

10/09/2013

Hommage à Maurice Scève, poème.

Heures de syrtes et de feu. En hommage à Maurice Scève.docx

08/09/2013

" Luc-Olivier d'Algange ou la conscience diaprée", un article d'Anna Calosso, paru dans la revue Alexandre.

Un article d'Anna Calosso.doc

06/09/2013

Note sur André Suarès.

André Suarès, héros de l'art, héraut de l'ordre 1.doc

 

 

voir aussi, à propos d'André Suarès, dans Fin mars. les hirondelles, "Une vision paraclétique".

 

Fin mars. Les hirondelles. Editions Arma Artis

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01/09/2013

Julius Evola, Ernst Jünger. L'Oeil du cyclone. (Extrait d'un livre à paraître)

Julius Evola, Ernst Jünger. L'Oeil du cyclone..doc

27/08/2013

Uniformité, unité, unificence, notes sur l'au-delà et l'en-deçà de l'individualisme.

A propos de l'au-delà et de l'en-deça de l'individualisme, des néoplatoniciens et de la pensée de Sohravardî:

 

uniformité, unité, unificence.doc

26/08/2013

Le "Traité de la Foudre et du Vent" d'Henry Montaigu.

Traité de la Foudre et du Vent..rtf

23/08/2013

De la théodicée poétique d'Ernst Jünger (extrait)

 

(...) Mais on ne saurait ébaucher un hommage à Ernst Jünger sans évoquer l'idéogramme clair et léger de la cicindèle.

La cicindèle qui danse dans l'air, dont on ne sait tout d'abord si elle est un éclat de lumière ou un insecte, est sans doute le signe le plus immédiatement perceptible de l'éveil du Logos. Les "chasses subtiles", qu'elle relèvent de l'intelligence entomologique, ou bien de l'audace de ceux que Jünger nomme les "psychonautes", sont toujours une herméneutique du monde.

Ce qui distingue l'œuvre de Jünger, c'est d'abord la puissante originalité de son art de l'interprétation. Alors que tant d'autres s'en tiennent à une théorie du signe arbitraire ou de l'évolution des espèces, Jünger bouleverse ces certitudes scientistes par la considération de l'infime et du subtil. La cicindèle est un symbole. Mais, entendons-nous, elle est un symbole issu de la trame du monde, un signe, délivré par la terre, d'un message dont la complétude n'est jamais que devinée, induite par reflets, par miroitements, par éclats. La splendeur du monde n'emprisonne pas la vérité du monde mais la délivre dans la multiplicité des signes, des hiéroglyphes dont est composée la nature. Le tout est davantage que la somme des parties. L'immanence n'est pas close sur elle-même. La solaire cicindèle scinde de son aile l'emprise de la nature sur elle-même qui est l'illusion foncière des matérialistes.

Pour Ernst Jünger, comme pour Novalis, la matière n'existe pas. Le monde est blasonné, et les créatures qui le peuplent, les configurations de lumière et de nuit qui rendent discernables nos approches, participent d'une grammaire que l'on ne peut comprendre que par la contemplation. Le monde est constitué comme un langage. Tous les arbres, toutes les pierres, tous les papillons, tous les paysages et toutes les circonstances de notre vie sont hiéroglyphiques: "Les hiéroglyphes, écrit Jünger, font plus qu'égratigner la surface des choses, les époques et les conjonctions d'astres, ils se décrivent pas seulement la vêture mais ce qui, en elle, se métamorphose avec elle." La cicindèle est la pointe virevoltante dans la tapisserie de l'air, d'une vérité qui montre l'au-delà de l'entrecroisement des fils: l'espace libre.

Nous qui sommes des amis des livres, des contemplations et des songes, nous éprouvons à l'égard de Jünger de la gratitude pour tant d'invitations faites à la rencontre et au passage entre les mondes. Le chasseur subtil, nous dit Jünger, est "l'hôte du pays des merveilles". Le merveilleux surgit à l'improviste. Apparition-disparition où la conscience atteint à l'incandescence métaphysique: "La rencontre ne dura qu'un instant, mais l'étincelle avait mis le feu. Cette vision disparut de façon aussi surprenante qu'elle était apparue; dans ces deux mouvements la légèreté s'unissait à la force..."

Force et légèreté, vitesse qui révèle le secret de l'intemporel, explosion de couleurs qui délivrent le secret alchimique du noyau de toutes les teintes, l'œuvre de Jünger fut toute entière une quête ardente. L'attention portée aux créatures infimes et scintillantes qui s'échappent de la fixité du temps est bien une inquiétude métaphysique, car ces créatures visibles et mesurables, "nous pouvons aussi les prendre pour exemples des forces qui croisent nos voies, qui même nous traversent sans que ayons conscience d'elles, un peu à la manière des ondes qui, de très loin projettent une image sur un écran." Dans ces ondes lumineuses, qui sont l'écriture du monde depuis la création, Ernst Jünger nous initie à ce qu'il nomme "la vie magnifique".

*

 

A propos de Jünger et d'Hölderlin: La perspective hölderlinienne (in Lux Umbra Dei, éditions Arma Artis)

et aussi: Cicindèles, notes sur l'œuvre d'Ernst Jünger (in Fin Mars. Les hirondelles, éditions Arma Artis)

 

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12/08/2013

L'hédonisme, les mythes et les dieux.

Nous sommes, dans le monde moderne, au régime sans sel, - sans saveur, sans savoir, sans sapience. Rien de poreux, le déni des influences; une acculturation policée accelère le processus qui nous conduit au "dernier des hommes" dont parlait Nietzsche. Face à cette fatalité, ou qui semble telle, nos défauts et nos vices viendront à notre rescousse tout autant que nos qualités et nos vertus. Nos intempérances et nos paresses immémoriales seront, presque à l'égal de l'héroïsme de l'intelligence et de la générosité, une résistance au monde planifié. Le vice cependant n'est qu'un exotérisme, la paresse doit s'approfondir en non-agir (wu wei, disaient les taoïstes) et l'intempérance doit aller jusqu'à son secret léger: l'ivresse sacrée. Le puritain croit éradiquer le vice ou le défaut, et arrache la possibilité des plus hautes vertus.

*

Ce qui surprenait chez ce philosophe "hédoniste" très à la mode, c'était son âpreté à l'accusation, son acharnement à accumuler des pièces à conviction contre ses ennemis, en un mot cette austérité, cette raideur de Savonarole traduite en discours diserts, à la manière des hommes politiques soucieux de convaincre au plus vite.

L'hédonisme n'en demande pas tant, et peut-être des qualités (ou des défauts) inverses: une bonhomie, un abandon dont les hommes crispés sur leurs convictions ne peuvent avoir la moindre idée. Le plaisir s'effarouche aux trop fortes résolutions. Son royaume est plus léger, plus indifférent aux opinions, attentif aux choses lointaines et très-proches. Il se fiche bien de Sartre, de Beauvoir ou de Freud.

Le véritable hédoniste sait bien que le temps passé à démontrer et à éreinter est autant de temps perdu pour éprouver et pour louer. Ces regards et ces corps aimés, nous nous perdons en leurs profondeurs, nous les embrassons dans notre louange.  Voici l'envers des feuilles dans le vent lumineux, le bruissement qui scintille; l'été coule sur la nuque de cette jeune femme, si près, que je respire; cette nuit qui s'approche n'est pas une nuit, mais une saveur...

*

Etre pleinement dans une matinée d'été, c'est entrer en relation avec tout ce qui, en nous, se souvient des gloires les plus incandescentes et mystérieuses, - de ce qui fut au monde et n'y subsiste qu'à l'état de traces symboliques, mais que l'esprit ravive, faisant de ces traces des pays surgis d'un horizon bleu profond; pays qui nous invitent à les rejoindre pour que nous retrouvions en eux la puissance et la joie perdue avec les temps historiques.

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Les mythologies anciennes ne mériteraient pas une seule seconde d'attention si elles ne disaient exactement les recours de notre âme contre le monde profané, nos aventures intérieures, nos sagesses voilées, entrevues, nues parfois comme l'Aphrodite anadyomène, advenue de l'écume légère et dont l'apparition nous saisit dans l'instant qu'elle éternise.

*

Les mythes ne nous renseignent pas sur des civilisations disparues, vestiges devenus incompréhensibles d'une cohérence détruite; il nous parlent de ce que nous sommes et plus encore qu'une expérience, ils sont une recouvrance, un pacte renouvelé entre le visible et l'invisible.

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Le dieu de la mer, par exemple, n'est pas seulement la mer; il est ce qu'elle nous donne, ce dont elle nous menace; il est notre ravissement et notre effroi, non point une personnification de ce que l'on ne peut nommer ni comprendre mais la relation qui s'établit entre elle et nous par l'entremise de l'imagination créatrice. Dans un monde sacralisé, mythologique, les choses ne sont pas des choses seulement quantifiables ou analysables, mais des choses entières, pleines et incommensurables dans leurs nuances et variations.

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Dans le suspens de nos prières aux dieux, certains dieux, les plus secrets, continuent de prier pour nous. Pour les entendre à travers les bruissement de la mer, des feuillages, il suffit de faire taire, en nous, et si possible autour de nous, le fastidieux bavardage des craintes et des supputations qui tourne, en disque rayé, dans nos entendements désenchantés.

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Derniers livres parus:

Lectures pour Frédéric II, éditions Alexipharmaque

Lux Umbra Dei, éditions Arma Artis

Propos réfractaires, éditions Arma Artis.

www.alexipharmaque.net  

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04/08/2013

Le bruissement secret du sang

Ce monde fait pire que nous exploiter: il nous intime à déserter notre existence, à céder ontologiquement. Réducteur, démoralisateur, il promeut ce mélange d'hébétude et de mesquinerie constitutif d'un nouveau type humain, dont le propre est de passer à côté de tout par stupeur et vilénie.

Attendons les "révoltes logiques" rimbaldiennes, surgies des matinées d'ivresses. Le néant de l'être ne peut triompher; les plus funestes planifications cèderont devant la toute-possibilité refleurie. Elles cèdent déjà, à chaque fois que, par des mots, nous pouvons la dire. Ce n'est pas tant la volonté de résister qui est requise que la reconnaissance d'une beauté abandonnée, ressaisie, aimée, un bruissement secret du sang, - le coeur battant par la soudaine fraîcheur de l'eau qui nous saisit lorsque nous plongeons du pont, un soir de canicule, sous le ciel violet.

 

*

Ce moment intense qui précède la victoire, - comme l'ivresse du visage perdu dans une chevelure soleilleuse, - nous dit que notre victoire sera l'abandon suprême. Victoire non sur d'autres, mais victoire en soi, sur le "moi" toujours fautif, toujours défaillant, toujours accusé, - comme le sont toutes les illusions.

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Si mon coeur devient le coeur du monde, l'oubli est boréale de la mémoire.

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Derniers ouvrages parus:

Lux Umbra Dei, éditions Arma Artis

Propos réfractaires, éditions Arma Artis

Lectures pour Fredéric II, éditions Alexipharmaque

 

www.arma-artis.com

www.alexipharmaque.net

28/07/2013

Hiérophanies dans les ruines

La moindre fonction financière, administrative ou judiciaire jette le Moderne, homme ou femme de guichet, dans une arrogance de pouvoir, et une vulgarité, qui suffisent à elles seules à expliquer tous les totalitarismes. Des ripostes s'imposeront, "chevaux échappés", selon la formule Mihima.  

La chute des "élites" actuelles coincidera avec l'invention d'une aristocratie nouvelle, non plus au service de l'économie,- une aristocratie surgie de la terre et désireuse du ciel. Les puissances telluriques et ouraniennes sont en attente pour la servir. 

*

Les dieux ne sont pas des explications "pré-logiques", des allégories, mais des advenues, des présences. Si je suis au bord de la mer, une nuit d'été, cette immense et bruissante présence n'est pas seulement la somme de ses caractéristiques; elle ne saurait davantage se réduire à une proposition esthétique. Sa puissance numineuse entre en conversation avec moi, sollicite en moi d'autres recours, d'autres états de conscience, me donne au monde d'une autre façon. Celle présence-là, lorsque je la perçois, c'est le dieu.

*

De même qu'il y a des dieux, il y a de bons et de mauvais génies qu'il convient de recevoir ou de congédier. Les mauvais génies s'emparent de nous à la faveur de nos faiblesses, pour en faire des armes contre nous-mêmes et ceux qui nous veulent du bien. Le mauvais génie nous sépare des sources vives, de la sensible beauté du monde. Il veut que nous lui tenions compagnie dans son sous-sol. Le ressentiment instillé est sa tactique.

Le bon génie est moins âpre et plus versatile. Il scintille dans le scintillement: rappel. Voici le monde, nous dit-il, dont toute l'horreur n'ôte rien à la beauté qui embrase et ravit lorsqu'elle passe, fût-ce au-dessus des ruines, et surtout au-dessus des ruines.

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Le Moderne qui vit dans un monde entièrement ruiné a la manie de la rénovation, de la restauration, du ripolinage. Son "idéal": la vie proprette, planifiée, plate. Son triste désordre intérieur exige l'ordre extérieur, - mais ce n'est que l'ordre qui règne dans le supermarché, le fast-food. Son âme est dans ses appareils. C'est d'abord ce qui frappe si l'on compare un espace moderne à un espace traditionnel: l'un est pauvre sensoriellement, aligné, symétrique, angulaire, aseptisé et vide; l'autre est profus, odoriférant, versicolore, anarchique en apparence.

*

Le lyrisme, désormais tant conspué, moqué, dédaigné, est d'abord la réalité musculaire et respiratoire d'un corps qui se meut dans le monde et qui devient, par cet exercice, instrument de perception de sa grandeur, de son faste, de ses hauteurs et de ses infinies profondeurs spirituelles.

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Devant le lyrique ou l'épique, le Moderne rabougri dans sa subjectivité crispée, ricane ou s'étrangle de rage; il manque d'air. Que ne lui parle-t-on de son moi, au lieu d'évoquer les ciels, les océans, les forêts, les dieux, la subtile géométrie des astres et des vols d'oiseaux !

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Le poète salue et remercie; le Moderne se renfrogne dans son grief.

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Le mot éminent du poète épique: victoire. Le mot précellent de la critique moderne: échec. Les Modernes iront en enfer, dirait-on, mais comme ils ne savent pas attendre, ces vibrions, et comme ils doutent, ils fabriquent l'enfer ici-bas.

*

Le manque de foi est un manque de puissance, mais aussi un manque de fragilité. Que sont alors ces êtres à la fois faible et durs ? De dociles seviteurs de la représentation dominante.

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Le rationaliste le plus radical, l'athée le plus convaincu, le matérialiste le plus disert sont tous cependant dévôts (et même particulièrement pratiquants) de l'Argent, qui est le fiduciaire par excellence. La foi que les hommes eurent naguère en leurs dieux, leurs lieux sacrés, puis en la Résurrection de la chair ou au Saint-Esprit, foi diverse, aventureuse, mystérieuse, a cédé la place à cette foi universelle en l'Argent, suprême abstraction "dont le centre est partout et la circonférence nulle part".

*

Tout ce qui est vivable dans le monde moderne est la survivance d'une création qui lui est antérieure et, secrètement ou non, lui demeure hostile. Les Modernes les plus avisés le savent et s'appliquent à en détruire les traces. Cependant au-delà des traces, et qu'ils ne peuvent entrevoir, il y a le Calame, et au-delà du Calame, il y a la main qui tient le Calame, et, hors d'atteinte pour eux, l'encre dans laquelle puise le Calame. Cette nuit d'encre est le ciel au-dessus de nos têtes: toute-possibilité.

C'est ainsi que par l'écriture, ce que nous pensions perdu est, en réalité, notre bien, notre recouvrance: " Ilion fut, mais Ilion demeure dans l'hexamêtre qui la pleure". (Borges).

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Derniers ouvrages parus:

Lectures pour Frédéric II, éditions Alexipharmaque

Lux Umbra Dei, éditions Arma Artis

Propos réfractaires, éditions Arma Artis

 

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26/07/2013

Journal désinvolte 26/07/2013

La démocratie qui n'est pas, en soi, un mauvais concept, est devenue le nom de l'arrogance occidentale moderne. La société qu'elle veut imposer est un piège qui donne à croire que tant que l'on n'est pas piégé ostensiblement, on est libre. Chaque homme piégé attribue sa servitude, non au système global mais à quelque infortune qui lui serait propre, et dont il pourrait se libérer par l'argent, - et pour en gagner, il resserre encore les tenailles du piège où il s'est fait prendre.

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L'idéal du "plein-emploi" est un horizon de servitude généralisée. Pour y atteindre, la société de contrôle travaille à interdire la possibilité de la vie frugale, épicurienne.

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La société telle qu'elle s'impose à nous reste incompréhensible si l'on n'y discerne pas un fonctionnement qui, en tout, a pour finalité la réduction de la vie à son exercice le plus étroit, le plus contraint, le plus embarrassé et le plus décevant. Ce fonctionnement et sa finalité constituent l'idéologie dominante du Moderne, sa théorie et sa praxis. Ce qui fut grand et gradué, le faire petit et plat; ce qui fut libre, l'enchaîner et le contrôler; ce qui fut divers, l'uniformiser; ce qui fut inépuisable, le comptabiliser; ce qui fut mystérieux et vivant, le tuer et le dissequer.

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Je ne puis me défendre du sentiment que l'écriture demeure un acte magique. Si galvaudée qu'elle soit ( mais peut-être de moins en moins galvaudée, de plus en plus rare) elle tient, de son commencement à sa fin, une suite d'actes, entre eux reliés, une procession de gestes qui, allant de l'invisible pensée à la visible écriture, et de celle-ci à l'invisible pensée d'un lecteur, et de la profondeur du monde, résume en elle ce qui, dans toute magie, relève de la manifestation.

C'est un monde profond qui advient par des signes tracés, - un monde qui fût demeuré hors d'atteinte, un monde qui est à l'intérieur du monde et cependant révèle et fait resplendir le monde extérieur de toute l'intensité de ses symboles. Quiconque eut, ne fût-ce qu'un instant, cette expérience sait que désormais, pour lui, tout ce qui n'est pas magique est mort; car cette expérience, cette traversée du péril, est aussi ce qui sauve, ce qui fait passer une part de nous-même, l'impondérable, de cet autre côté, où tout ce qui importe est sauvegardé, où toute chose dite contre le monde profané, verdoie.