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30/04/2013

Extrait d'un hommage de Jean Parvulesco à Raymond Abellio

 

"Aussi doit-on finir par accepter que l'oeuvre de Raymond Abellio romancier d'une certaine fin de l'Occident, d'une certaine clôture du cycle occidental actuellement en train d'entrer dans la nuit de son achèvement final, ne vaut surtout pas d'être lue, approchée à la lumière des événements dont elle prétend s'être fait l'écho en consignation, mais à la seule lumière secrète d'une âme dans sa procession cosmologique finale. Et nous comprendrons ainsi que ce ne sont guère la traversée cathare, et quelque peu métapsychique, des entrismes trotskistes surexités, affolés par la montée spectrale de la nouvelle guerre civile européenne en 1934, ni les ventilations parisiennes d'on ne se souvient même plus quel Pacte Synarchique, ni même la mise-à-mort rituelle de notre grand et cher Eugène Deloncle, qui peuvent donner une réponse à la démarche la plus intérieure de l'oeuvre de Raymond Abellio, mais les Ennéades de Plotin, les songeries astrales, aussi nocturnes que lumineuses, d'un Jamblique, d'un Porphyre. Et que, tous comptes faits, de n'est pas même moi, trop retenu comme je me trouve sur les barricades d'autres grandes batailles en cours, qui eus dû être chargé d'instruire la dernière légitimation occidentale de cette oeuvre si grande en son secret cosmologique, mais sans doute un Luc-Olivier d'Algange, responsable, lui, de l'actuel renouvellement de néo-platonicianisme européen, de l'émergence de la nouvelle lumière gnostique renaissante aujourd'hui en Occident. Et tout ceci dit, il me souvient de la lettre que le jeune Pascal Jardin envoyait en 1978, à Raymond Abellio, pour lui dire que sur vos hauteurs vous n'attendez plus la caution de personne."

                                                    Jean Parvulesco, 1986.

 

29/04/2013

Un roman de David Mata

Un roman de David Mata.rtf

28/04/2013

Journal désinvolte 28.04.2013.Réminiscence et planification.

 

S'il est des hommes de réminiscences et des hommes de la planification, ce serait une erreur de croire que les uns s'entretiennent avec le passé et les autres, avec l'avenir. Les réminiscences peuplent le présent, comme l'azur et les nuages peuplent le ciel; et le planificateur n'obéit jamais qu'à un concept antérieur dont il subjugue son présent pour planifier le futur, -  pour donner au futur l'invariabilité du passé.

Ce qui distingue l'homme des réminiscences de l'homme des planifications tient bien mieux à la croyance, plus ou moins aveugle, en le pouvoir abstrait de la volonté humaine. La réminiscence qui vient en appels, en vocations, de la profondeur du temps présent, est une sollicitation de l'impondérable et un consentement à la beauté des choses apparues ou transparues: elle fait de nous ce que nous sommes, reliés par mille radicelles, arborescences, à ce qui ne peut se définir, ni s'évaluer.

Lorsque les hommes des réminiscences dominent, la société est au service d'une civilisation, d'une mémoire sensible, incarnée. A l'inverse, lorsque dominent les planificateurs, ce qui est majoritairement le cas chez les Modernes, la civilisation est instrumentalisée (en marchandise d'art, muséologie, animations culturelles), dilapidée ou dévastée par la société. La raison d'être de la société est de fonctionner pour elle-même, machine célibataire, autiste, totalitaire dont toutes les évaluations, toutes les "valeurs", sont statistiques et quantitatives.

La limite de l'activité planificatrice est que, soumise d'avance à un plan abstrait, elle fonde l'illusion de son efficacité sur la négation de l'imprévu, - si bien que, prisonnière de son processus, celui-ci la conduit souvent au désastre et toujours à l'erreur inane et laide; toute beauté n'étant jamais qu'une réminiscence du Vrai.

Quels messages recevons-nous du monde ? Si nous jugeons l'arbre à ses fruits et si donc nous comparons, dans l'ordre du "faire", du poien, les oeuvres des hommes de la réminiscence et les travaux des planificateurs (qui se prévalent d'améliorer la "gestion" de la réalité), force est de constater qu'aux premiers appartiennent les épopées, les temples, les cathédrales, les oeuvres d'art et de poésie, les jardins, les promenades; aux autres, les listes comptables, les grandes surfaces commerciales, l'architecture de masse, l'exploitation de la nature la plus imprévoyante qui soit, les objets de série.

A chacun ses préférences, certes, ses goût et ses dégoûts, ses "priorités" comme on dit, il n'en demeure pas moins que dans la vaste planification globale qui nous est imposée, quelque devoir mystérieux survit en quelques-uns de témoigner du ressouvenir, non en commémorateurs mais en témoins d'un Réel dont la réalité qu'on nous impose n'est qu'une ombre vague.

La réminiscence, par essence et par nature, est augurale.

Ecrire ce que l'on pense au moment où l'on écrit, au beau risque de la contradiction créatrice, et non pas ce que l'on croit devoir penser: là encore l'homme des réminiscences se distingue des planificateurs (des idéologues).

Alchimie, la "rosée du chaos"

 

Alchimie, la rosée du chaos..rtf

25/04/2013

ODE AU CINQUIEME EMPIRE (en hommage à Dominique de Roux)

Extrait du Chant de l'Ame du monde,en hommage à Dominique de Roux, éditions Arma Artis.

 

Ode au Cinquième Empire, version relue.doc

Méditations dionysiennes

Extrait d'un livre à paraître:

 

Méditations dionysiennes, version relue ( Les Idées et les dieux).docx

17/04/2013

Extrait du "Chant de l'Ame du monde", éditions Arma Artis

Le Chant de l'orage lumineux,

extrait de Le Chant de l'Ame du monde, éditions Arma Artis:

 

 

Chant de l'orage lumineux, version corrigée.docx

"Le Voyage d'Allemagne"

Voyage d'Allemagne (Le).doc

16/04/2013

Ezra Pound.

Rappel

Ezra Pound

 

A l'occasion de la parution de Comment lire, manifeste pour la lecture, aux éditions Pierre-Guillaume de Roux

 

"Nous qui avons franchi le Léthé"

 

Les contempteurs d'Ezra Pound qui tentent, avec une mauvaise foi plus ou moins notoire, de réduire son oeuvre à l'idéologie, non moins que certains épigones qui la réduisent à un "travail d'intertextualité", passent, mais c'est leur rôle, à côté de la réalité magnifique des Cantos en tant qu'aruspices. Ces mots sur la page, disposés en vol d'oiseaux, exigent un envol de la pensée, - un envol, c'est-à-dire une conversion herméneutique qui, par-delà les écueils de l'analyse, nous portera jusqu'aux espaces ardents du déchiffrement.

Les Cantos sont, dans l'histoire de la poésie mondiale, un événement unique. Rien n'y ressemble de près ou de loin. Tout au plus pouvons-nous laisser se réverbérer en nous les ors fluants de la prosodie virgilienne, un art odysséen de la navigation et le dessein récapitulatif et prophétique de la Divine Comédie. L'oeuvre ne choisit pas entre l'ampleur et l'intensité, entre l'horizontalité et la verticalité.

La vastitude des Cantos loge des formes brèves, des aphorismes qui s'ouvrent allusivement sur d'autres vastitudes. Ezra Pound est, avec Pessoa et Saint-John Perse, l'un des très-rares poètes modernes à ne dédaigner ni le mythe ni le réel. Les hommes, dans le poème, tracent les figures de leurs destinées entre les choses et les dieux. De surprenantes collisions s'opèrent, les temporalités se rencontrent et se traversent selon leurs propriétés et leurs signes. Cette apparente confusion est le véritable "ordre" de la pensée. Il importe, en effet, de laisser au devenir et l'histoire leur plasticité, et aux figures éternelles, leur éternité.

Entre le mercure historial et le souffre de la flambée de l'esprit, le poète cristallise le sel de la sapide sapience. Le savoir est saveur. Le "gai savoir" de Pound, relié aux arts poétiques romans, allège le monde. Ce monde si lourd, ce savoir si pesant, ce plomb des choses mortes et insues, la prosodie d'Ezra Pound les relance, les laisse voltiger dans les hauteurs et il nous livre, nous lecteurs, à ces prodigieux mouvements météorologiques.

Les Cantos frappent d'inconsistance une grande part de la poésie moderne, subjective, minimaliste ou sentimentale, cette part qui voulut rompre le pacte métaphysique unissant le Poète à la Mesure et la pensée humaine à la diversité du monde. Le monde existe car nous pouvons le réciter, et cette récitation nous fait franchir le Léthé, pour d'autres recommencements. (...)

                                                                                     Luc-Olivier d'Algange

15/04/2013

Jean Parvulesco, une voie orphique et royale

 

Une voie orphique et royale

 

"Un de ces jours, écrit Jean Parvulesco au début de son roman, le onzième, intitulé Dans la forêt de Fontainebleau,il faudra quand même que je me décide à me pencher très sérieusement sur la zone singulièrement troublante et troublée des problèmes concernant les relations actives régnant entre l'état de veille et le rêve".

Qu'en est-il, en vérité, du rêve et de la vie, et du dédoublement du rêve dans la vie et de la vie dans le rêve ? Quels sont les orées, les seuils, les passages ? Quelles diplomaties mystérieuses, quelles traversées, quels voyages, et en proie à quels périls, quels enchantements, agissent sur nous, et autour de nous, comme par réverbération, dès lors que nous quittons l'illusion de la réalité profane, de la banalité, et que nous tentons l'aventure des états multiples de la conscience et de l'être ?

On se souvient de Shakespeare, de la vie qui est un songe pour Calderon de la Barca, de l'apologue de Tchouang-Tseu sur le papillon qui rêve qu'il est Tchouang-Tseu, de Proust encore qui songea à donner pour titre à la Recherche, La vie révée; mais si l'on peut chercher d'innombrables clefs au roman de Jean Parvulesco, et à celui-ci en particulier, la seule véritable opérative, au sens alchimique, est sans doute la clef nervalienne, celle "qui ouvre les portes de corne et d'ivoire qui nous séparent du monde invisible".

Sinon quelques tentatives surréalistes, la suite à donner à l'oeuvre de Gérard de Nerval fut des plus discrètes dans une littérature française par trop vouée aux minauderies théoriques, mondaines ou pseudo-transgressives. Jean Parvulesco est l'un des rares à s'être emparé, au coeur même du vertige, de la "folie" nervalienne: folie lumineuse et ténébreuse que traversent les filles du feu. Le monde où nous introduit son roman est un monde où les choses ne sont pas ce qu'elles paraissent être, de même que le roman lui-même, par une prodigieuse mise-en-abîme héraldique, est d'emblée un autre roman, le "roman perdu en rêve" et retrouvé dans le plus grand rêve de l'écriture que nous croyons être la réalité jusqu'à ce que celle-ci, à son tour, se dédouble... Dans cette logique étourdissante, où le lecteur se trouve entraîné, c'est un mouvement hélicoïdal qui domine, - la "structure absolue" dont parait Abellio, "double dialectique croisée", devenant "spirale prophétique".

Pour Jean Parvulesco, chacun d'entre nous est la proie d'un songe, mais le "chasseur subtil" sait lâcher la proie pour l'ombre car l'ombre est alors la vraie proie qui nous indique, aux heures claires, le "sentier perdu", le "mystère arthurien", par le soleil même auquel nous avons tourné le dos, - allant vers cet Extrême-Occident où les froidures sont brûlures, où la nuit polaire délivre le coeur ardent, Thulée hyperboréenne où s'est réfugiée notre "identité dogmatique", notre âme, - loin de tout et de tous, loin de ce monde d'ignominie et de désastre, en attendant la Parousie... Car, et c'est le sujet du roman, une recouvrance royale demeure possible dont le secret, ayant quitté notre "cauchemar climatisé", selon la formule de Henry Miller, s'est réfugiée dans le Songe. C'est donc une âme perdue, une Eurydice, qu'il s'agit de retrouver, par un "rituel de récupération" agissant selon "une volonté conforme au plus occulte dessein de la Divine Providence", qui s'y dénude en se revoilant". Ame perdue, celle de nos origines royales, par quoi le monde serait à la fois délivré et transfiguré comme par un souffle, une effusion paraclétique.

Ainsi, la vérité royale incarnée demeure en attente, non seulement comme une vérité oubliée, détruite, mais aussi, et surtout, comme une vérité qui ne fut jamais connue, et qui, désormais, c'est-à-dire immédiatement, exige de l'être. Et tel est précisément le sens de la "spirale prophétique" à l'oeuvre dans ce roman, repassant par les mêmes points, mais plus haut. La nostalgie royale n'est plus alors consentement à la défaite, mais pressentiment de "l'imprépensable". Le rêve alors n'est pas la vie, mais une vie plus haute, antérieure et jamais advenue. Tout le roman se déploie dans ce paradoxe, dans les concordes éblouissantes de l'effroi et du ravissement, dans cette nuit dont parle Gérard de Nerval "qui est noire et blanche".

                                                                                   Luc-Olivier d'Algange

Dans la forêt de Fontainebleau, éditions Alexipharmaque. 429 pages, 23 euros.

14/04/2013

Jean-René Huguenin

 Le Journal de Jean-René Huguenin

 

 

Ces alentours, au jour le jour, de la vingtième année d'un jeune homme français valent mieux qu'un témoignage sur l'air du temps qui, à beaucoup d'égards, était déjà presque aussi irrespirable qu'aujourd'hui. Peu importe même que ces pages eussent été écrites à la fin des années cinquante et au tout début des années soixante. Leur prestige à nos yeux est dans leur intemporalité même.

S'il existe une vertu de l'extrême juvénilité, elle réside dans la passion de côtoyer ce qui échappe au temps. Ce que désormais on veut nous vendre comme étant "la jeunesse", n'est rien d'autre qu'une décrépitude accélérée, comparable aux effets spéciaux des films d'épouvante. Qui n'a été frappé de voir des enfants, en quelques mois, se transformer en soudards, c'est-à-dire en adolescent "modernes" ? La bêtise, la vulgarité leur tombe dessus d'un seul coup. Je tiens que ce n'est point là une fatalité de l'âge. Cette misère est une misère imposée. Tout, en ces temps "démocratiques", conspire à tuer les qualités les plus nobles et les plus fragiles de l'enfance. La "jeunesse" telle que nous la sert la "communication" est le nom de cet assassinat. Pour demeurer soi-même, il faut une discipline de fer. Tel est exactement le sens de la déclaration inaugurale du Journal de Jean René Huguenin: "Je veux être la Force, la Résolution et la Foi".

Résister à la vulgarité des occupations laborieuses, ou, pire encore, en proie à quelque distraction programmée, est la chose la plus difficile qui soit. A l'aube d'une vie, il importe de rassembler ses forces, si l'on veut disposer de quelque chance d'échapper à la navrante normalisation. De nos forces de caractère, d'intelligence ou d'imagination, rien, à ce moment crucial, ne doit être distrait du noble dessein. "Etre aventureux, écrit Jean-René Huguenin, ce n'est pas aller loin, c'est aller profond". Cette exigence détermine certaines aptitudes chevaleresques. Ne pas consentir à l'informe qui est le point de départ des pires conformismes, s'en tenir à l'essentiel, librement choisi, mais farouchement servi: "Ceux qui méprisent leur vie en ce monde la conservent pour le monde éternel. Ceux qui méprisent leur vie en ce monde sont les seuls à avoir jamais vécu. N'y a-t-il rien de plus honteux et dégoûtant que ces existences molles et feutrées, poursuivies par la terreur du risque, ces gens perpétuellement entourés de leur propre sollicitude, de leur propre dévouement comme d'une sueur où ils baignent complaisamment, avec parfois un frisson de répugnance, un recul de dégoût, que la grâce leur envoie l'espace d'un instant, mais qu'ils ne savent reconnaître ni conserver ?"

De belle venue et de grande lucidité métaphysique, ces phrases s'inscrivent dans cette morale héroïque qui récuse l'abominable soumission de l'homme à la vie qui n'est que la vie, c'est-à-dire une triste survie: "Je ne suis pas sur terre pour me ménager afin de mourir plus confortablement. Ma mission d'écrivain et d'homme m'interdit de participer à ces rires qui, sitôt nés, s'évanouissent et laissent place à d'autres rires éphémères. Le goût des choses périssables est sacrilège. Je veux agrandir mon âme de tout ce que je refuserai, consacrer ma vie à affirmer que je suis libre, et mourir dans l'amour des choses qui demeurent".

Il n'est point de vie humaine digne d'être vécue qui ne débute par une révolte de cette sorte. Révolte non contre l'Autorité, mais bien révolte contre la veulerie, contre l'abandon à la médiocrité. Cette morale de l'individu est le contraire d'une certaine forme d'individualisme qui prévaut actuellement, avec les conséquences que l'on voit. Selon Jean-René Huguenin, l'individu se forge pour inventer quelque idée plus libre et plus haute de la civilisation à laquelle il appartient. La nécessaire ascèse se précise dans un souci politique. Or, c'est précisément ce qu'il y a en nous grégaire qui nous interdit de servir notre tradition et d'être à la hauteur d'une véritable morale politique.

Certes, le bien et le mal sont indissociables dans le monde tel que nous nous y trouvons, mais cela ne nous interdit pas de choisir le bien, toujours plus subtil, plus léger et plus fragile, contre les pesanteurs titaniques du mal. "Dans les rapports humains, écrit Jean-René Huguenin, le mal croît avec le nombre. Le diable, oui, je crois que le diable a fait de la foule son lieu d'élection; qu'il se cache dans les replis de la multitude; qu'il n'ose s'attaquer aux âmes solitaires, mais qu'il parvient à ronger ces mêmes âmes lorsque le bruit, les voix et de nombreuses présences les étourdissent. Et qu'alors il infuse en elles son venin, qui n'est jamais que la médiocrité".

La guerre contre la médiocrité sera toujours et en toute circonstance une guerre contre le mal. Cette certitude suffit à ranger ceux qui la comprennent, du côté de Léon Bloy, de Villiers de l'Isle-Adam, de Bernanos; de tous ceux qui dénoncent le leurre abominable selon quoi la médiocrité nous protègerait du mal. La juste intuition de Jean-René Huguenin d'emblée lui désigne le véritable visage de l'Ennemi: le Tiède, dont la ruse consiste à nous faire croire que la commune-mesure, que despotiquement il exalte, aurait quelque ressemblance avec la Juste Mesure qui témoigne de l'équilibre des mondes. Il n'est rien de moins juste que la commune-mesure car elle n'est rien d'autre que l'établissement, par l'usage, de la force de pesanteur du plus  grand nombre. Force de l'état de fait, brutalité sans égale des Masses asservies et jalouses de leur servitude. Que nous reste-t-il alors, sinon la passion du témoignage et la prière ? " Contre le péché, contre la pauvreté d'âme, il n'y a que la prière, il n'y a nul autre recours que l'éternellement victorieuse prière".

                                                                                      Luc-Olivier d'Algange

13/04/2013

A propos des "Lectures pour Frédéric II", éditions Alexipharmaque

article paru dans Valeurs actuelles n° 3944

 

Ce recueil de dialogues, d'essais, de méditations, forme un seul poème en prose dont la lecture est vivifiante, quelle que soit l'acuité souvent cruelle avec quoi il analyse les délires de notre temps. Frédéric II de Hohenstaufen, son destinataire idéal, est cet empereur alchimiste et troubadour, "porte-glaive de Dieu" et disciple d'un maître soufi en qui le Moyen-Age  chrétien trouva davantage que l'une de ses plus hautes illustrations: sa légende, et l'étalon secret des actions et des pensées des hommes sous le ciel. L'auteur s'adresse à lui par-dessus les ombres et les faux-semblants, non comme à un souvenir du passé mais comme au gardien du présent que l'on voudrait nous interdire. "La tragédie est que tout soit unique et irremplaçable. Pour effacer la tragédie, il faut effacer l'unique; la modernité n'est rien d'autre que cela: la fabrication en série". Dans ce "nulle part vociférant" où l'époque prétend nous emmurer, de telles Lectures valent délivrance.

                                                                Philippe Barthelet

Alexipharmaque, 134 pages, 18 euros

www.alexipharmaque.net

Le Jasmin des Fidèles d'Amour

Note à propos des Fidèles d'Amour (Sohravardï, Rûzbehân de Shîraz, Gérard de Nerval):

 

Jasmin des Fidèles d'Amour..rtf

11/04/2013

Théorie du contraste

Extrait d'un livre à paraître:

Théorie du contraste.doc

10/04/2013

A propos de "Terre lucide, entretiens sur les météores"

article paru dans Valeurs actuelles, N° 3894

LE CHOIX DE VALEURS

Terre lucide, entretiens sur les météores

de Luc-Olivier d'Algange et Philippe Barthelet

Deux hommes scrutent le ciel: "L'automne où nous entrons est singulièrement triste et gris; (...) c'est l'âme du monde qui est souffrante". Deux hommes en quête de l'âme du monde. Plus un troisième, certes invisible, mais dont la présence rayonnera, en permanence, au fil de leur dialogue peu ordinaire: René Guénon, auteur-prophète du Règne de la Quantité (1945). Car nous voilà rendus au terme d'un long processus de chute annoncée, quand toute réalité réduite à sa matérialité pure, sous la dictature du scientisme, n'aura bientôt plus qu'à tomber en poussière. Tels en sont les signes avant-coureurs: la fin des dimanches, la pieuvre du virtuel, la monstruosité en art, le tout-culturel, le littéralisme contre la littérature... Tout pour accuser "l'exotérisme dominateur" ou le culte des apparences tournant à vide. Mais nos deux platoniciens de s'aventurer au-dehors malgré le temps qui menace. Bien décidés à jouer les anti-visiteurs du soir secouant la torpeur générale. Avec un pied sur terre et l'autre dans l'invisible, ils ont, entre les deux, une mesure, une "grandeur" à laquelle se coltiner enfin.  S'ensuit une déambulation jalonnée de trouvailles merveilleuses. Résonnant des voix de Hölderlin, Novalis, Simone Weil ou Nasafî. Déambulation impromptue, histoire de "semer" le doute et de nous transporter en "hypnosophie": dans cet état de sommeil créateur auquel s'abandonnent les enfants. Au réveil, on a cessé de prendre pour chimères Dieu, la gnose ou les romans d'aventure: l'Histoire ne procède-t-elle pas elle-même d'un mystère hors de portée ? Mystère suffisamment grand pour renvoyer à une présence. A une royauté. Mais qui ne serait ni celle des "empailleurs" de Versailles, ni celle de la légalité maurrassienne. A une royauté... enfin de ce monde. Une interprétation magistrale de la chute des temps, doublée d'un appel initiatique à la renaissance.

                                                                                                     Anne-Sophie Yoo

Arma Artis, collection Traités diamantins, 304 pages, 35 euros.

www.arma-artis.com

 

 

08/04/2013

Mythe et Logos

Mythe et Logos

Nous savons depuis Hölderlin et Nietzsche que la pensée grecque ne fut pas seulement dévouée à la mesure et à la clarté telles que nous les concevons aujourd'hui. La mesure, loin d'être seulement cette parcimonie de l'intelligence, voire cette étroitesse de caractère propre aux morales utilitaires, sans doute en faudrait-il chercher le sens ailleurs que dans les "nobles glaçons" de nos habitudes ratiocinantes, dont parlait Jean Cocteau, et, par exemple, dans les spéculations pythagoriciennes ou dans le néoplatonisme ardent de l'Empereur Julien: mesure d'infini alors, ou mesure confrontée à l'infini, s'en faisant l'épreuve, comme une balance (dont l'axe serait l'Axis mundi) qui laisse se reposer, de part et d'autre, un visible et un invisible, d'égale importance. Car si la pensée olympienne est claire, d'une clarté jamais entrevue avant elle, ni depuis lors, cette clarté est chargée d'une puissance tout à la fois intellectuelle et ouranienne sans commune mesure avec la clarté rationnelle qui suffit à planifier les activités ordinaires du travail ou de la didactique. La mesure et la clarté grecque ne peuvent se comprendre sans les dieux qui la manifestent, ces dieux qui appartiennent à un invisible qui est la condition même du visible.

Nous autres modernes admirons les oeuvres de l'art et de la pensée grecque tout en méconnaissant ce qui en est le principe et qui demeure en elles comme un profonde raison d'être. Sur le passé antique, comme sur le passé médiéval, nous projetons nos propres façons de voir, notre inquiétude et nos indigences et nous admirons les conséquences au détriment des causes. Or pour ressaisir la pensée grecque dans sa plasticité, dans ses gradations infinies, dans son mouvement, dans son émotion, il nous faudrait remonter en amont de la séparation que nous opérons, comme si elle allait de soi, entre le Mythe et le Logos. Platon, certes, distingue le Mythe et le Logos tout en ne cessant d'établir entre l'un et l'autre une circulation qui nous enchante autant qu'elle nous déroute. Les néoplatoniciens, de Plotin à l'Empereur Julien, quant-à eux, refondèrent le Logos dans le Mythe en faisant du Logos lui-même un mythe fondateur, en reconnaissant dans le Logos, une puissance héliaque et divine.

L'étonnement, l'enchantement, l'ivresse, le merveilleux, l'extase que nous dissocions des travaux de la raison (à laquelle nous réduisons désormais le Logos, celui-ci n'étant plus que le logos de la logique) loin d'appartenir à un autre monde que celui du réel, animaient comme autant de grâces, de périls et de faveurs toutes les apparences, des plus augustes et lointaines aux plus proches et familières. La logique elle-même, dont les Grecs sont dans une certaine mesure les inventeurs, à tout le moins pour nous, leurs héritiers, leur apparaissait mystérieusement en accord avec les forces qui régissent le monde et comme un aperçu éblouissant de ses arcanes. Loin d'être cette routine de la pensée qui accompagne les tractations économiques et les planifications technologiques, la logique ailée, devineresse, leur apparut sans doute comme une pénétration dans la profondeur de l'être et comme une entente possible, une entente sacrée, de l'entendement humain avec la musique des sphères.

Rien n'est plus difficile à saisir, pour nous qui vivons dans un monde disjoint, que cette entente entre la raison et le merveilleux, entre la clarté des lignes et l'intensité du numineux, - encore qu'elle subsiste, sous quelques aspects dans le "merveilleux raisonnable" de Perrault, qu'évoquait Pierre Boutang, et dans les mythologies chasseresses et apolliniennes de la France classique, et plus tardivement, dans l'oeuvre poétique et cinématographique de Jean Cocteau. Mais sinon cette ligne de crête, force est de reconnaître que nous sommes généralement emprisonnés dans une fausse alternative et qu'abandonnant les ressources de la plénitude jadis aimée, jadis couronnée, nous en sommes réduits à devoir choisir entre le merveilleux et la raison, à prendre le parti soit du Mythe, redevenu alors mensonge, récit fallacieux, soit le parti du Logos, ramené à une rationalité aux conséquences souvent déraisonnables. A vivre seulement dans une moitié de monde, c'est le monde entier que nous perdons, le Logos s'étiolant de sa rupture avec le Mythe et le Mythe laissé à lui-même devenant monstrueux ou cauchemardesque.

Si le Logos nous ouvre les portes de la sapience, le Mythe nous ouvre celles de l'amour. Or que nous dit le Choeur de la Médée d'Euripide ? Nommant Aphrodite, c'est-à-dire lui offrant l'oblation de sa présence heureuse, le Choeur nous dit qu'Aphrodite "envoie à la Sapience, pour l'assister, les dieux de l'Amour, les compagnons de toute excellence". La Sapience, la sophia, est elle-même appel amoureux, appel aux dieux de l'amour, appel à la profondeur frémissante de la déesse, qui vient de la nuit et de la mer "comme la douce respiration du vent qu'elle fait naître du Céphise".

La sapience exige l'amour qui fera de l'amour de la sagesse, de la philosophie au sens antique et étymologique, une sapience amoureuse, accordée à la beauté en tant que "vérité de l'être". Aphrodite, "déesse de l'heureuse navigation", vient en témoignage de la profondeur de l'être, au secours de la sapience. Venue des ténèbres maritimes, surgie de l'écume des flots, du plus vaste indiscernable, l'infini de la nuit s'ajoutant à la vastitude de la mer, elle engendre alors, elle-même secourue par la parole du poète, par le Logos dont le poète est l'intercesseur, "le miroir de la mer, le lointain lumineux du ciel" qu'évoque Lucrèce. Le poète fût-il "matérialiste", comme on le dit parfois de Lucrèce, reconnaît ce recours, cette hospitalité réciproque, cette entente sacrée entre le Logos et le Mythe, entre les rumeurs de la nuit maritime et les claires prairies qu'évoque l'Hymne homérique à Aphrodite "où seule l'abeille passe rêveuse au printemps".

Séparés, exilés l'un de l'autre, sans mesure ni oeuvre commune, comme saisis d'une retractation, d'un rebroussement ou d'un retrait, le Mythe et le Logos nous laissent à ce désert d'abstractions, cette effarante restriction des sentiments du vrai et beau, du sensible et de l'intelligible, corrélative d'un appauvrissement du langage tel que toute poésie et toute métaphysique en deviennent peu à peu incompréhensibles. Toutefois si le Logos se restreint et se dessèche, les Mythes, eux ne meurent point. "Ce qui fut jadis, écrit Goethe, dans tout l'éclat de l'apparaître, cela se meut là-bas, cela veut être éternel". L'être des dieux, écrit Walter Otto est "l'être de l'avoir été". Or l'avoir été demeure, ne fût-ce que dans le chant du poète qui témoigne du chant des Muses. "Cela n'est jamais advenu et pourtant c'est toujours" écrit l'Empereur Julien. Et ce "là-bas", cet "éternel", ce "toujours" où sont-il sinon dans la recouvrance du moment présent ?

Homère, dans l'Iliade nomme les dieux "ceux qui vivent légers". Cette légèreté, cette apesanteur, nous seraient-elles ôtées à jamais ? La recouvrance nous est-elle à jamais interdite, et, avec elle, tous les enchantements nuptiaux de la rencontre du Mythe et du Logos ? Comment le croire, si nous devinons encore la profondeur du monde et de l'être, et si, dans cette profondeur, nous pressentons les dieux dans leur retrait ? Comment le croire, sinon dans un saisissement mortel qui nous laisserait comme interdits face au monde, statues de sel, âmes vitrifiées, imperméables ? "Si l'oeil, écrit Goethe, n'était pas soleillant, comment verrions-nous la lumière ? Si la vigueur du dieu n'était vivante en nous comment l'appel divin pourrait-il nous ravir ? "

L'épreuve du nocturne révèle par contraste le "soleillant". L'absence creuse l'abîme limpide de la toute-présence; l'exil du dieu signe sa proximité ardente. La mesure et la clarté, comme l'écume dont naît la déesse de l'amour, viennent à nous sur des houles de nuit.

Luc-Olivier d'Algange 

A propos du "Songe de Pallas", éditions Alexipharmaque

Rappel

Un songe trop rare

 

Luc-Olivier d'Algange est décidément un auteur trop rare; que ses articles lumineux, ses ouvrages engagés paraissent dans un quasi-anonymat devrait nous interpeller. Le Songe de Pallas, sa dernière oeuvre d'inspiration gnostique, faisant suite à L'Ombre de Venise, est une référence inestimable dans le cercle très fermé des écrits qui comptent. Bien loin des modes littéraires, des thuriféraires de nos infâmes plateaux télés, il poursuit sa quête exigeante, dans la lignée abellienne, son combat pour la vérité et la beauté, avec ce souci de l'excellence stylistique qui le caractérise. Ne sacrifiant jamais la forme sur l'autel de toutes les compromissions, c'est la grâce d'écrire d'un professeur de bravoure, de constance, qui se manifeste, presque un maître spirituel autant qu'un humaniste, défiant de son regard aigu l'esprit bourgeois et ses vanités, ayant même ce courage ultime de déplaire s'il le faut: " Il est vrai que la dictature du vulgaire triomphe sur tous les fronts..."

Dans ce livre audacieux, Luc-Olivier d'Algange, ce hussard à talon rouge, fidèle à l'idéal chevaleresque, est vraiment le témoin lucide de l'écroulement de notre société moderne. Sous l'autorité des plus grands noms de la tradition primordiale - que l'on songe à René Guénon, Frithjof Schuon ou bien à Henry Montaigu, - il ensemence jour après jour le sillon polémique d'une oeuvre exemplaire, éminemment poétique: "Le secret de la souveraineté est dans l'abîme du jour".

De Platon, Plotin, à la vitalité dionysiaque de Nietzsche, d'Henry Bosco le magicien à René Daumal l'initié, il convoque les plus grands esprits universels au chevet de notre monde pourrissant, et nous entraîne vers des hauteurs olympiennes d'une perfection saisissante. De ces trois essais majeurs de philosophie politique, placés bien entendu sous l'égide de Pallas Athéna, de la source grecque à la tradition française, des présocratiques aux auteurs de la Provence légendaire, il nous mène au coeur du Mythe et du Symbole, aux antipodes des rugissantes banalités de la vie quotidienne. Ce Songe de Pallas ne peut d'adresser qu'à un petit nombre; mais pour qui voudra bien le lire, c'est aussurément une parole inspiratrice et visionnaire qui nous est offerte.

William Tellechea, Parution.com

 

à propos de L'Ombre de Venise:

 

" De quoi sont fait ces entretiens ? De tout ce qui importe. Du Vrai, du Beau et du Bien, de la morale, de la contrainte et de la liberté, du christianisme et de Dionysos. Et aussi du dandysme et de la littérature, de l'Allemagne et de l'Italie. On y croise entre quelques autres, Pessoa et Berdiaev, Guénon, Heidegger, Maître Eckhart et des poètes chinois (...). La haute teneur de ces réflexions, les thèmes abordés pourraient laisser penser que nous avons affaire à un traité aride. Il n'en n'est rien. A la froide abstraction, Luc-Olivier d'Algange préfère le chatoiement de la sensibilité. Son livre est d'un bout à l'autre passionné. Voilà pourquoi on prend un plaisir extrême à le suivre dans ses pérégrinations"

P.L.Moudenc, Rivarol.

 

" Nos vie apathiques et atrophiées trouveraient un grand profit à s'abreuver à la source de jouvence de la voix de d'Algange. Le profit en question serait de profondeur sémantique et de l'aisance des cimes. Le livre de d'Algange perce le ciel bas et lourd de l'archi-modernité pour qu'y filtre la lumière des abîmes hauturiers. Autrement dit le livre d'un Auteur. Celui dont l'oeuvre fait autorité. Des pages habitées par une allégresse inouïe..."

 

Gwen Garnier-Duguy, La Presse Littéraire.

 

 

De Luc-Olivier d'Algange, aux éditions Alexipharmaque

L'Ombre de Venise

Le Songe de Pallas

Lectures pour Frédéric II

 

www.alexipharmaque.net

07/04/2013

Henry Montaigu

Rappel

"L'avenir est à une chevalerie inconnue

Attendre tout bonnement le retour du Roi Arthur.

Etoiles ensevelies, quel vent vous délivrera"

Henry Montaigu

A propos du Traité de la Foudre et du vent:

Traité de la Foudre et du Vent..rtf

05/04/2013

Entretien avec la revue "Les Flèches d'Or".

Entretien avec Les Flèches d'Or.rtf

02/04/2013

D'Annunzio, "entre la lumière d'Homère et l'ombre de Dante"

D'Annunzio.doc

01/04/2013

Bibliographie

Bibliographie (ouvrages actuellement disponibles) de Luc-Olivier d'Algange

Aux éditions Alexipharmaque: www.alexipharmaque.net

L'Ombre de Venise

Le Songe de Pallas

Entretiens avec des Hommes remarquables (collectif), préface d'Alain de Benoist

Lectures pour Frédéric II

 

Aux éditions Arma Artis:

www.arma-artis.com

Fin mars. Les hirondelles

Terre lucide, entretiens sur les météores ( avec Philippe Barthelet)

Le Chant de l'Ame du monde

Lux umbra dei

Propos réfractaires