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05/04/2015

Lettre de Jean Parvulesco à Luc-Olivier d'Algange:

 

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Paris, le 9 juin 1996

Cher Luc-Olivier d'Algange,

comment vous remercier pour l'envoi que vous m'avez assez mystérieusement fait de votre méditation poétique intitulée Car les temps sont venus de rendre grâce ?

Mais cette illumination voilée, dont vous avez tenu à me faire le don prémonitoire, n'est-elle pas, aussi, un signe confidentiel en sa transparence même, une annonce chuchotée sur la ligne de passage vers le cœur ardent de l'été, du plus grand été gnostique vers se dirigent - sont occultement attirés - les nôtres, tous les nôtres ? A votre insu peut-être, avez-vous donc été pressenti pour cela, invité à donner cours ? A faire passer la consigne ?

De toutes les façons, à présent on le sait que les temps sont venus, et que nous sommes appelés à procéder en conséquence, chacun sur le lieu de sa prédestination propre et suivant le pari halluciné de sa dernière chance, du suprême péril.

Cependant, qu'importe le propre mouvement de remontée existentielle vers l'être, si l'être lui-même n'est pas en venue vers nous ? L'épreuve ultime ne sera jamais la nôtre, mais toujours celle de l'être en marche vers lui-même.

Or, n'est-ce pas, de quoi peut-on rendre grâce, et à qui, si ce n'est à l'être lui-même, et pour le seul secret de sa remontée vers lui-même en nous, de l'abyssale décision en lui de nous revenir, de s'établir révolutionnairement en un recommencement autre ?

Tel aura été, à ce qu'il semble, le pressentiment, l'inspiration élective pour lesquels vous avez été amené à témoigner. Voyez ce qui se loge en votre blessure.

Nous sommes en première ligne, c'est dans les ténèbres mêmes de la défaillance qui nous est imposée en ces temps que se dissimulent la stratégie subversive et les très hautes armes de la victoire finale. Nous l'emporterons sur tout: c'est bien ce qui s'était irrémédiablement refermé qui s'entr'ouvrira, et qui déjà nous entraîne vers le nouvel ouvert en son incandescence si terrible.

Je reste votre

Jean Parvulesco

Que Infra Nos Nihil Ad Nos

 

 

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